26 septembre 2014

Retour au bercail

Parce qu’on n’est jamais mieux que chez soi.  En tout cas, c’est ce qu’on dit, mais je me demande bien combien sont ces retournés qui peuvent vraiment dire cela.  Ou bien, s’ils le disent, ils doivent élaborer la-dessus.  Par là, je veux parler des bons côtés mais surtout, et oui surtout des mauvais côtés.

Personne ne parle jamais des mauvais côtés.  Dépuis que le concept de “l’Afrique qui bouge” est rentré dans le parler populaire, c’est comme si les maux du continent Africain avait été gommés.  Les médias nous montrent la vie de ces jeunes Africains diplômés des universités Européennes ou Américaines qui réviennent au bercail et ont soit du boulot dans une grosse boîte  – pas pour eux, les taux de chômage élévés qui semble être le lot de cette autre jeunesse Africaine, elle aussi diplômée.  Ou bien , ils créent leurs propres boîtes tout simplement.  Ces retournés parlent de cette vie au bercail où il n’y a pas de stress, où l’on a le temps de rendre visite à sa famille et ses amis, où l’on a l’impression de remplir une mission car participant au developpement du continent.  Oui, les difficultés sont mentionnées – brièvement mais c’est une histoire de ferme les yeux et tu rates cela.  C’est l’optimisme que l’Afrique est vraiment là où il faut être que tu retiens.

Mais, mais, il y a le revers de la pièce.  Laissez moi vous dire que tout n’est pas aussi rose.  Revenir, c’est pas pour les flêkês, les faibles comme on le dit ici en Côte d’Ivoire.  Je suis certaine que les retournés mentionnés plus haut existent, mais moi je parle de mon expérience et de l’expérience de ceux avec qui j’ai échangé.  Pour retourner, il faut être fort dans la tête.  Ah oui, hum!  Les questions du genre, “Pourquoi tu es revenue?”, “Pourquoi tu n’as pas pris un Blanc là-bas?”, “Le pays est dur, hum!”  Et puis y’a la famille qui te regarde comme si tu as perdu la tête et qui ose meme te dire que tu as perdu la tête.  Les gens qui connaissent très bien les opportunités du pays que tu as quitté bien que n’ayant jamais été.  Les gens à qui si tu fais le malheur de leur dire le salaire que tu gagnais là-bas vont faire sortir leur calculatrice et calculer le taux de conversion pour ensuite te regarder comme si tu souffrais de troubles psychologiques.

Mes chers amis, c’est pas aussi facile et fabuleux qu’on veut nous le faire croire.  Y’a qu’à voir les tragedies de Lampedusa pour s’en rendre compte.  Parce que oui, l’Afrique c’est le future, mais l’Europe reste encore le présent.

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